« UNDER CONSTRUCTION »
Under construction. Sous ce titre, le Sud-Africain Thami Hector Manekhela a ouvert, le
mercredi 18 août, au Centre Chorégraphique National de Caen Basse-Normandie, une
première soirée de présentation de travaux. Il débarque sac au dos, définit un espace au sol,
avec des bandes adhésives blanches, ouvre un cahier d’écolier où sont notées des partitions
(il ne met jamais en jeu les mêmes), et déracine ses pas.
Under construction. Tout le dispositif du SKITE est évolutif, déjouant la logique de
« programmation ». La proposition d’une artiste new-yorkaise du mouvement Fluxus, ou les
mémoires de Julian Beck, du Living Theater, sont théâtralisées par Garance Dor dans des
improvisations collectives. Maud Le Pladec, qui vient d’obtenir le prix de la révélation
chorégraphique du Syndicat de la critique, concentre en trois minutes sa recherche actuelle,
sur la rythmique d’un métronome enregistré. Noemi Martinez Chico, performeuse et
danseuse de flamenco, montre, dans le même laps de temps, les bases d’un atelier qu’elle
propose. Une jeune chorégraphe espagnole, Acerina Amador, s’ingénie avec beaucoup
d’humour, dans un travail de groupe, à combiner l’esthétique de la danse contemporaine et
des figures héritées de danses de la Grèce Antique. Des plasticiens invitent des danseurs à
les rejoindre pour improviser dans un espace habité de structures en carton. La Sud-
Coréenne Min Kyoung Lee invite à la rejoindre pour questionner la perception de la danse.
La Mexicaine Esthel Vogrig transmet un usage original de captation vidéo qu’elle a mis au
point. L’Iranien Afshin Ghaffarian a réuni quelques personnes pour travailler sur le cri, tandis
que la Japonaise Yoko Sato se lance dans une recherche chorégraphique inspirée par le Tao.
Au CCN, la chorégraphe new-yorkaise Liz Santoro débute pour sa part un travail à partir de
l’image de la femme dans la mode des années 60 : à l’IMEC, elle a visité avec beaucoup
d’intérêt l’exposition Yves Saint-Laurent.
Ces quelques exemples, parmi d’autres, donnent une image de ce dont fourmille le SKITE. Il
ne s’agit cependant pas d’une accumulation de résidences séparées. Si tous les projets mis
en oeuvre ne sont pas nécessairement collectifs, les temps d’échange, présentations
ouvertes, « showings », permettent de partager en réel les dynamiques de création. Sans
oublier les moments de repas communs, où chacun peut parler, par exemple, entre la poire
et le fromage, de la théâtralité de la performance.
Jean-Marc Adolphe, Caen, mercredi 25 août 2010, 18 h 13
